Retour à Protestantisme et société

Retour à l'accueil

Psaume 144

Psaumes 105

Liturgie

Salutation

Eternel Dieu, nous voici en ta présence en ce dimanche de la semaine de prière universelle pour l’unité chrétienne. Epis si souvent dispersés, sur les collines de nos différences. Grappes si souvent éparses, sur les coteaux de notre indifférence. Assemble-nous en cette heure avec tous ceux qui, de par le monde, te célèbre aujourd’hui. Mêle-nous, foule-nous, pétris-nous. Que le levain de ton Esprit fasse lever la pâte de notre unité pour l’offrir au monde. Comme au jour où Christ multiplias les pains pour nourrir la foule affamée, fais de nous les serviteurs émerveillés du pain multiplié pour le salut du monde. Comme pour le banquet du Royaume, poussée par le vent de ton Esprit, que l’odeur de ta grâce éveille ce monde au parfum de l’espérance.

Louange

Eternel, nous te chantons et nous te rendons grâces. Car, malgré nos peines et nos fautes, au milieu de nos peines et de nos fautes, nous savons que tu es Celui que l’on ne peut qu’admirer, chanter et aimer en Jésus-Christ. Pour le monde si beau mais si fragile, pour la vie si belle mais si menacée, pour cet immense univers où tu veux que s’épanouisse ton Royaume, nous te louons. Pour ce jour qui nous redit la Résurrection, pour ton Eglise qui nous rassemble, nous te louons. Pour ton Evangile, pour notre baptême, pour ta volonté de te servir de nous, pour la promesse de la vie véritable, nous te louons. Et parce que nous pouvons t’aimer et nous aimer sur la terre, au nom de l’amour du Christ, en paix et avec joie, Seigneur, nous te louons.

Psaume 101 ou 118 ou N° 164 (Ps. 133)
Loi
Voici ce que l’apôtre Paul écrivait aux Philippiens auxquels l’unissait une grande amitié :
« S’il y a donc un appel en Christ, un encouragement dans l’amour, une communion dans l’Esprit, un élan d’affection et de compassion, alors comblez ma joie en vivant en plein accord. Ayez un même amour, un même cœur ; recherchez l’unité ; ne faites rien par rivalité, rien par gloriole, mais avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres. »
C’est à cela que nous engage la démarche œcuménique en laquelle nous sommes inscrits.

Péché

Quand je pense à l’Eglise, je la voudrais telle qu’elle n’est pas : attirante, engageante, percutante, militante, sans doute aussi variée et universelle, secrète et évidente, riche et nourricière, pauvre et véridique, surprenante et solide. Bref, j’aimerais, Eternel Dieu, que ton Eglise, qui est notre Eglise, m’offre tout ce que je ne lui donne pas. Tu la connais aussi bien et mieux que moi cette Eglise qui fume souvent à peine comme une bougie épuisée. Tu la connais trop petite pour ta grandeur et trop grande aussi pour notre petitesse, une Eglise mal aimée et du coup mal aimante, une Eglise dont la fidélité devient répétitive et l’infidélité habituelle, une Eglise qui se paie de mots et qui contribue à enténébrer la vie de bons sentiments inutiles et d’accusations décourageantes. Alors, fais que je cesse de blâmer l’Eglise, pour me dispenser moi-même d’y travailler. Fais que je cesse de lorgner ses déficiences, par le trou de sa serrure, pour me protéger moi-même de franchir sa porte. Fais que je quitte le banc des spectateurs et des moqueurs pour m’asseoir au banc des acteurs et des célébrants. Car ainsi seulement je m’arrêterai de regarder ton Eglise, qui est notre Eglise, pour y vivre avec les autres. Tu la convoques et tu la rassembles de jour en jour, comme sans cesse le berger rattrape la brebis, qui boîte et qui s’attarde, comme sans cesse la raccommodeuse rattrape la maille, qui file et qui déchire. Ton Fils est la tête d’un corps aux membres disjoints. Il est le premier né d’une famille d’enfants séparés. Il est la pierre angulaire d’une maison inachevée. Mais c’est bien à l’Eglise que tu tiens et non pas seulement aux individus, qui se préfèrent chacun eux-mêmes. Car c’est bien à l’humanité entière que tu tiens et non pas seulement aux membres d’un club. Ton Eglise est ainsi le signe visible de ton dessein total. J’hésite à l’appeler ma mère, car elle ne m’a pas engendrée, mais je l’ai rencontrée. J’hésite à l’appeler ma sœur, car nous ne sommes pas liés par l’obscurité du sang, mais par la liberté de l’Esprit. Mais je veux bien l’appeler ma famille, car je lui suis attaché pour le pire et le meilleur. C’est ma nouvelle famille, dont tu es l’initiateur, ton Fils le libérateur et ton Esprit le rassembleur. Amen.

Pardon

Vous le savez, au livre de la Genèse, le récit du Déluge se clôt par l’évocation d’un signe, celui de l’arc-en-ciel. Le texte biblique précise bien que ce signe est d’abord pour Dieu lui-même. Le signe qu’il se donne à lui-même pour ne plus jamais renoncer à sa bienveillance envers l’humanité aussi imparfaite soit-elle.
Mais l’arc-en-ciel est aussi pour nous parabole. Il se raconte qu’un jour, toutes les couleurs du monde entier se mirent à se disputer. Chacune prétendait qu’elle était la plus belle, la plus importante, la plus utile, la préférée ! Elles se vantaient à haute voix, chacune étant bien convaincue d’être la meilleure. Leur querelle enfla de plus en plus. Soudain un éclair d’une lumière aveuglante apparut dans le ciel, accompagné de roulements de tonnerre. La pluie commença à tomber à torrents, sans discontinuer. Effrayées, toutes les couleurs se tapirent et se rapprochèrent pour chercher un abri les unes près des autres.
La pluie prit la parole : « Stupides créatures qui vous battez entre vous, chacune essayant de dominer l’autre, ne savez-vous pas que c’est Dieu qui vous a faites toutes, chacune dans un but particulier, uniques et différentes ? Il aime chacune d’entre vous, Il a besoin de vous toutes. Joignez vos mains et venez à moi. Il va vous étendre à travers le ciel en un magnifique arc-en-ciel, pour vous montrer qu’il vous aime toutes, que vous pouvez vivre ensemble en paix. Comme une promesse qu’Il est avec vous, et comme signe d’espérance pour demain… »
Ainsi, chaque fois que Dieu envoie une pluie pour laver le monde, Il place l’arc dans son ciel. Et quand nous l’apercevons, nous devrions nous rappeler qu’Il veut que nous sachions nous aussi nous apprécier les uns les autres, et le louer de notre merveilleuse complémentarité…

Exhortation

Qui de nous peut prétendre épuiser tout le message de l’Evangile, le réduire à une seule voix, la nôtre ? N’a-t-il pas fallu « quatre évangiles » pour essayer de dévisager les traits de l’unique Sauveur des hommes ? La diversité des visages est le signe de l’inépuisable richesse de l’Eglise du Christ. Chacun doit se convertir un peu au visage de l’autre, pour corriger ce que sa vision a toujours de trop particulier. Sinon notre pèlerinage devient croisade, notre cabanon forteresse, notre témoignage, idéologie, notre apostolat, système, et notre visage, caricature ! Soyons heureux d’être différents !

Bénédiction

Le Dieu de la patience et de la consolation nous donne de vivre les uns avec les autres en bonne intelligence, selon Jésus-Christ, afin que d’un même cœur et d’une même bouche, nous Lui rendions gloire, lui qui est Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen. 

Source : dossier « Etranger, Etrangers », collection « Eglise en débats », Eglise réformée de France (ERF).